Comprendre et expliquer le fonctionnement d’une phrase en 5ème
Cours complet, points clés à retenir et exercices d'entraînement de comprendre et expliquer le fonctionnement d’une phrase pour les élèves de 5ème. Conforme au programme officiel.
Réviser notion par notion
- Les signes de ponctuation et les constituants de la phrase
- Les types de phrases et leurs effets
- Les formes de phrases : exclamative et négative
- Phrase simple, phrase complexe, phrase non verbale
- Juxtaposition et coordination : le rôle des mots coordonnants
- Sujet, COD, COI et attribut du sujet
- Les compléments circonstanciels de lieu, de temps, de cause et de manière
- Le groupe nominal minimal et le groupe nominal étendu
- Prépositions, adverbes, mots subordonnants ; déterminants et pronoms
- Discours direct et discours indirect
Ce que tu vas réviser
- Signes de ponctuation et constituants de la phrase
- Types de phrases et leurs effets dans un texte
- Formes de phrases : exclamative, négative
- Phrase simple, phrase complexe, phrase non verbale
- Juxtaposition et coordination ; rôle des mots coordonnants
- Sujet, COD, COI, attribut du sujet
- Compléments circonstanciels de lieu, de temps, de cause et de manière
- Groupe nominal minimal et groupe nominal étendu
- Prépositions, adverbes, mots subordonnants ; déterminants et pronoms (personnels, démonstratifs, indéfinis)
- Discours direct et indirect : les identifier ; insérer des paroles au discours direct
Les signes de ponctuation et les constituants de la phrase
La ponctuation aide à repérer les constituants de la phrase. La majuscule et le point final (. ? ! …) délimitent la phrase. La virgule sépare les éléments d'une énumération ou détache un groupe déplacé, souvent un complément circonstanciel placé en tête de phrase. Les deux-points annoncent une explication, une énumération ou des paroles ; les guillemets et le tiret signalent des paroles rapportées.
Exemple
Ce matin, dans la cour, Inès a retrouvé son écharpe. Les virgules détachent « Ce matin » et « dans la cour », deux compléments circonstanciels placés en tête de phrase.
À retenir : La ponctuation délimite la phrase et en isole les constituants : elle guide la lecture.
Les types de phrases et leurs effets
Il existe trois types de phrases. La phrase déclarative donne une information et se termine par un point. La phrase interrogative pose une question et se termine par un point d'interrogation. La phrase impérative (ou injonctive) donne un ordre, un conseil ou une consigne. Chaque phrase appartient à un seul type. Dans un texte, le type choisi produit un effet : une interrogative implique le lecteur ou montre le doute d'un personnage ; une impérative rend un discours pressant.
Exemple
« Qui a pris mon cahier ? » (interrogative : l'inquiétude) « Rends-le-moi. » (impérative : un ordre) « Je l'avais posé ici. » (déclarative : une information)
À retenir : Trois types : déclaratif, interrogatif, impératif ; chacun produit un effet différent dans le texte.
Les formes de phrases : exclamative et négative
En plus de son type, une phrase peut prendre certaines formes. La forme exclamative exprime une émotion (joie, surprise, colère) : elle se termine par un point d'exclamation et commence souvent par un mot exclamatif (quel, que, comme). La forme négative s'oppose à la forme affirmative : on encadre le verbe conjugué avec deux mots de négation (ne… pas, ne… jamais, ne… plus, ne… rien, ne… personne).
Exemple
Comme il fait beau ! (phrase déclarative, forme exclamative) Il ne pleut jamais ici. (déclarative, forme négative) Ne cours pas ! (impérative, forme négative)
À retenir : Une phrase a un type et peut prendre une ou plusieurs formes : exclamative, négative.
Phrase simple, phrase complexe, phrase non verbale
Une phrase simple contient un seul verbe conjugué : elle forme une seule proposition. Une phrase complexe contient plusieurs verbes conjugués : elle compte autant de propositions que de verbes conjugués. Une phrase non verbale ne contient aucun verbe conjugué : elle est construite autour d'un nom, d'un adjectif ou d'un adverbe.
Exemple
Le chat dort. (simple : un verbe conjugué) Le chat dort, le chien aboie. (complexe : deux verbes conjugués, deux propositions) Silence ! Quelle belle journée ! (non verbales)
À retenir : Compte les verbes conjugués : aucun = phrase non verbale ; un = phrase simple ; deux ou plus = phrase complexe.
Juxtaposition et coordination : le rôle des mots coordonnants
Dans une phrase complexe, des propositions peuvent être juxtaposées, c'est-à-dire placées côte à côte et séparées par une virgule, un point-virgule ou deux-points. Elles peuvent aussi être coordonnées, c'est-à-dire reliées par un mot coordonnant : une conjonction de coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car) ou un adverbe de liaison (puis, ensuite, pourtant, alors). Le mot coordonnant a un rôle syntaxique (il relie deux éléments de même niveau) et un rôle de sens (il exprime une relation : addition, opposition, cause, conséquence, choix). La juxtaposition laisse le lecteur deviner la relation et donne souvent un effet de rapidité.
Exemple
Il pleuvait, nous sommes restés à l'intérieur. (juxtaposition : la relation de cause est sous-entendue) Il pleuvait, donc nous sommes restés à l'intérieur. (coordination : « donc » exprime la conséquence) « Je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu. » (phrase attribuée à Jules César : la juxtaposition donne une impression de rapidité)
À retenir : Juxtaposées = sans mot de liaison ; coordonnées = reliées par un mot coordonnant qui précise le sens du lien.
Sujet, COD, COI et attribut du sujet
Le sujet indique de qui ou de quoi l'on parle et commande l'accord du verbe ; on le trouve en l'encadrant par « c'est… qui ». Le complément d'objet direct (COD) complète le verbe sans préposition ; on peut le remplacer par le, la, les. Le complément d'objet indirect (COI) complète le verbe à l'aide d'une préposition (à, de) ; on peut le remplacer par lui, leur, en ou y. Le COD et le COI ne se déplacent pas. L'attribut du sujet exprime une caractéristique du sujet ; il suit un verbe attributif (être, paraître, sembler, devenir, rester, avoir l'air…).
Exemple
Léa offre un livre à son frère. « C'est Léa qui offre » : « Léa » est sujet. « un livre » est COD (Léa l'offre). « à son frère » est COI (Léa lui offre un livre). Son frère semble ravi : « ravi » est attribut du sujet « son frère ».
À retenir : Sujet : « c'est… qui » ; COD : sans préposition ; COI : avec préposition ; attribut : après un verbe attributif, il qualifie le sujet.
Les compléments circonstanciels de lieu, de temps, de cause et de manière
Les compléments circonstanciels précisent les circonstances de l'action. En général, on peut les supprimer et les déplacer. Le complément de lieu répond à « où ? », celui de temps à « quand ? », celui de cause à « pourquoi ? pour quelle raison ? », celui de manière à « comment ? ». Ce peut être un groupe nominal, un groupe introduit par une préposition ou un adverbe.
Exemple
Hier, à cause de la neige, les élèves ont joué calmement dans le gymnase. « Hier » : complément circonstanciel de temps (adverbe). « à cause de la neige » : de cause. « calmement » : de manière (adverbe). « dans le gymnase » : de lieu.
À retenir : Lieu : où ? Temps : quand ? Cause : pourquoi ? Manière : comment ? On peut en général les supprimer et les déplacer.
Le groupe nominal minimal et le groupe nominal étendu
Le groupe nominal minimal est formé d'un déterminant et d'un nom, appelé nom noyau (le chien, une idée). Le groupe nominal étendu ajoute au nom une ou plusieurs expansions : un adjectif épithète, placé à côté du nom, ou un complément du nom, introduit par une préposition (de, à, en…). Toutes les expansions dépendent du nom noyau.
Exemple
une maison (groupe nominal minimal) → une grande maison (épithète « grande ») → une grande maison de pierre (complément du nom « de pierre ») → une grande maison de pierre au bord de la mer (second complément du nom). Le nom noyau reste « maison ».
À retenir : GN minimal = déterminant + nom ; GN étendu = GN minimal + expansions (épithète, complément du nom).
Prépositions, adverbes, mots subordonnants ; déterminants et pronoms
Les prépositions (à, de, dans, pour, avec, sans, sur, par…) introduisent un groupe de mots ; elles sont invariables. Les adverbes (vite, bien, hier, très, souvent…) modifient le sens d'un verbe, d'un adjectif ou d'un autre adverbe ; ils sont invariables. Les mots subordonnants (quand, parce que, si, que, qui…) introduisent une proposition qui dépend d'une autre : en 5e, on apprend à les repérer. Le déterminant accompagne toujours un nom (le, une, ce, mon, quelques) ; le pronom remplace un nom ou un groupe nominal, ou désigne une personne. On distingue notamment les pronoms personnels (je, tu, il, le, lui, leur…), démonstratifs (celui-ci, celle-là, ceci, cela, ça) et indéfinis (quelqu'un, personne, rien, chacun, on).
Exemple
Ce livre est à moi, celui-ci est à toi. « Ce » est un déterminant démonstratif : il accompagne le nom « livre ». « celui-ci » est un pronom démonstratif : il remplace un nom (un autre livre). « à » est une préposition. Dans « Je sors quand il fait beau », « quand » est un mot subordonnant.
À retenir : Déterminant = devant un nom ; pronom = à la place d'un nom. Prépositions et adverbes sont invariables.
Discours direct et discours indirect
Le discours direct rapporte les paroles telles qu'elles ont été prononcées : on les annonce par un verbe de parole suivi de deux-points et on les place entre guillemets ; dans un dialogue, un tiret marque chaque changement de personne qui parle. Le verbe de parole peut aussi être placé en incise, au milieu ou à la fin des paroles, avec le sujet inversé (dit-il). Au discours indirect, les paroles sont intégrées au récit après un verbe de parole, sans guillemets ni deux-points : les pronoms, et souvent les temps, changent.
Exemple
Discours direct : Tom déclara : « Je suis fatigué. » Ou avec une incise : « Je suis fatigué », déclara Tom. Discours indirect : Tom déclara qu'il était fatigué. (« je » devient « il », le présent devient imparfait.)
À retenir : Discours direct = paroles exactes, deux-points et guillemets (ou incise). Discours indirect = paroles intégrées au récit, sans guillemets.
Les points clés
- La ponctuation délimite la phrase et détache ses constituants.
- Trois types de phrases (déclarative, interrogative, impérative) ; des formes (exclamative, négative) qui s'y ajoutent.
- Aucun verbe conjugué = phrase non verbale ; un = phrase simple ; deux ou plus = phrase complexe.
- Propositions juxtaposées (virgule, point-virgule, deux-points) ou coordonnées (mais, ou, et, donc, or, ni, car ; puis, pourtant, alors…).
- Sujet (« c'est… qui »), COD (sans préposition), COI (avec préposition), attribut du sujet (après un verbe attributif).
- Compléments circonstanciels de lieu, de temps, de cause, de manière : souvent supprimables et déplaçables.
- GN minimal = déterminant + nom ; GN étendu = + épithète ou complément du nom.
- Le déterminant accompagne le nom, le pronom le remplace.
- Discours direct : deux-points, guillemets, tiret ou incise ; discours indirect : paroles intégrées au récit.
L'essentiel
Pour analyser une phrase, repère d'abord ses limites et son type, compte ses verbes conjugués (phrase simple, complexe ou non verbale), observe comment ses propositions sont reliées (juxtaposition ou coordination), puis identifie la fonction de chaque groupe : sujet, COD, COI, attribut, compléments circonstanciels.
Exercices d'entraînement
Entraîne-toi sur ces exercices, puis fais-toi corriger pas à pas par le tuteur.
Exercice 1
Lis ce passage : « Ce matin-là, Hugo courut jusqu'à la gare. Le train partait ! Il sauta dans le dernier wagon, mais il avait oublié son billet. Quelle catastrophe ! » 1. Pour chacune des quatre phrases, dis si elle est simple, complexe ou non verbale, et précise sa forme (affirmative ou négative, exclamative ou non). 2. Dans la troisième phrase, les propositions sont-elles juxtaposées ou coordonnées ? Quel sens apporte le mot « mais » ? 3. Donne la fonction de « Ce matin-là » et de « son billet ».
Corrige cet exercice avec le tuteur →Exercice 2
Voici deux paroles rapportées au discours indirect : « Le professeur annonça aux élèves que le contrôle était reporté. Léa répondit qu'elle était prête. » 1. Quels indices montrent qu'il s'agit de discours indirect ? 2. Réécris ces deux phrases en insérant les paroles au discours direct, avec la ponctuation correcte. Pour la seconde, utilise une incise.
Corrige cet exercice avec le tuteur →