Français · 6ème · Programme officiel

Créer, recréer le monde : récits des origines (récit, fiction) en 6ème

Cours complet, points clés à retenir et exercices d'entraînement de créer, recréer le monde : récits des origines (récit, fiction) pour les élèves de 6ème. Conforme au programme officiel.

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Ce que tu vas réviser

  • Un texte fondateur, issu notamment des religions monothéistes (la Genèse)
  • Mythes des origines grecs et romains (Théogonie d'Hésiode, Métamorphoses d'Ovide)
  • Mythes et contes étiologiques de différents continents et traditions
  • Comparer les récits des origines : points communs et différences
  • Symboles et métaphores dans les récits des origines
  • Représentations et valeurs portées par ces récits
  • Inventer à son tour un récit des origines

Un texte fondateur : la Genèse

Un texte fondateur est un texte très ancien qui a beaucoup compté pour un peuple ou une religion : il raconte ses origines et ses croyances. La Genèse est le premier livre de la Bible. Elle est lue par les juifs et par les chrétiens, et le Coran, livre sacré des musulmans, raconte lui aussi la création d'Adam. Ces trois religions sont dites monothéistes : elles croient en un Dieu unique.

Exemple

Dans la Genèse, Dieu crée le monde en six jours par sa parole : « Dieu dit : Que la lumière soit ! Et la lumière fut. » Il crée ensuite le ciel, la terre et la mer, les plantes, les astres, les animaux, puis l'homme et la femme ; le septième jour, il se repose. Plus loin, « l'Éternel Dieu forma l'homme de la poussière de la terre » : c'est Adam, puis vient Ève (traduction de Louis Segond, 1910).

À retenir : La Genèse raconte la création du monde par un Dieu unique, en six jours, suivis d'un jour de repos. C'est un texte fondateur pour les juifs et les chrétiens.

Les mythes des origines grecs et romains

Un mythe est un récit très ancien, transmis d'abord à l'oral, qui met en scène des dieux et explique l'origine du monde. Vers 700 avant J.-C., le poète grec Hésiode raconte dans la Théogonie (« la naissance des dieux ») comment les dieux sont apparus. Vers l'an 8 après J.-C., le poète romain Ovide commence ses Métamorphoses par la création du monde, avant de raconter des centaines de transformations.

Exemple

Dans la Théogonie, il y a d'abord le Chaos, un grand vide ; puis naissent Gaïa (la Terre) et Éros (l'Amour). Gaïa donne naissance à Ouranos (le Ciel). Leur fils Cronos renverse son père, puis avale ses propres enfants ; mais Rhéa, sa femme, sauve Zeus en donnant à Cronos une pierre enveloppée de langes. Devenu grand, Zeus délivre ses frères et sœurs, bat les Titans et devient le roi des dieux. Chez Ovide, un dieu met de l'ordre dans le chaos en séparant le ciel, la terre et la mer ; plus tard, après un déluge, Deucalion et Pyrrha jettent des pierres derrière eux, et ces pierres deviennent des hommes et des femmes.

À retenir : La Théogonie d'Hésiode (grecque) raconte la naissance des dieux, du Chaos jusqu'au règne de Zeus. Les Métamorphoses d'Ovide (romaines) commencent par la mise en ordre du chaos et la naissance des hommes.

Les mythes et contes étiologiques du monde entier

Un récit étiologique explique l'origine ou la cause d'une chose : un animal, une plante, un phénomène de la nature, une habitude des hommes. Le mot vient du grec « aitia », qui veut dire « cause ». On en trouve sur tous les continents.

Exemple

Amérique centrale : dans le Popol Vuh, livre des Mayas K'iche' (au Guatemala), mis par écrit au XVIe siècle à partir de récits bien plus anciens, les dieux ratent deux fois la création des hommes. Les hommes de boue fondent sous l'eau ; les hommes de bois n'ont ni âme ni intelligence et ne se souviennent pas de leurs créateurs : un déluge les détruit, et ceux qui s'échappent deviennent les singes des forêts. Enfin, les dieux réussissent avec une pâte de maïs. Afrique : un conte du peuple bini (ou edo) du Nigeria explique pourquoi le ciel est si loin : autrefois, il était tout proche et les hommes en arrachaient des morceaux pour les manger, mais ils en gaspillaient trop ; alors le ciel est monté très haut. Grèce et Rome : chez Ovide, Arachné, une tisseuse orgueilleuse, est changée en araignée par la déesse Minerve ; c'est pourquoi l'araignée tisse sans fin.

À retenir : Un récit étiologique répond à la question « pourquoi ? » ou « d'où cela vient-il ? ». Le Popol Vuh explique l'existence des singes, le conte bini explique pourquoi le ciel est loin, Ovide explique pourquoi l'araignée tisse.

Comparer les récits des origines

Comparer, c'est chercher ce qui se ressemble (les points communs) et ce qui change (les différences) d'un récit à l'autre. Des peuples très éloignés se sont posé les mêmes questions : d'où viennent le monde et les hommes ? Mais chacun y répond à sa façon.

Exemple

Points communs : au début, il y a souvent un désordre ou un vide (le Chaos grec, la terre « informe et vide » de la Genèse) ; les hommes sont souvent fabriqués avec une matière (la poussière de la terre dans la Genèse, la terre mêlée d'eau ou des pierres chez Ovide, le maïs dans le Popol Vuh). Différences : dans la Genèse, un Dieu unique crée tout par sa parole ; dans la Théogonie, de nombreux dieux naissent les uns des autres et se battent pour le pouvoir ; dans le Popol Vuh, les dieux se trompent et recommencent plusieurs fois.

À retenir : Pour comparer, on regarde : qui crée (un dieu unique ou plusieurs dieux), comment (par la parole, par une naissance, en fabriquant), avec quoi (terre, pierre, maïs), et ce qu'il y avait au début (vide, chaos, eau).

Symboles et métaphores

Un symbole est un objet ou une image qui représente une idée : par exemple, la colombe représente la paix. Une métaphore est une image qui présente une chose comme si c'était une autre, sans utiliser le mot « comme » : dire « la Terre est notre mère », c'est une métaphore. Les récits des origines en sont remplis : il ne faut pas toujours les lire au pied de la lettre.

Exemple

Dans la Genèse, la lumière qui chasse les ténèbres symbolise la vie et l'ordre qui remplacent le désordre. Dans la Théogonie, Gaïa, la Terre, est une mère qui donne naissance au Ciel, aux montagnes et à la mer : c'est la Terre vue comme une mère. Dans le Popol Vuh, les hommes faits de maïs symbolisent le lien entre les Mayas et la plante qui les nourrit. Dans le conte bini, le ciel qu'on peut manger symbolise une nature généreuse, qui donne sans qu'on travaille.

À retenir : Derrière les images des récits des origines se cachent des idées : la lumière pour la vie, la Terre-mère pour la naissance, le maïs pour la nourriture qui fait vivre.

Représentations et valeurs

Une représentation, c'est la manière dont un peuple imagine le monde, les dieux et la place des hommes. Une valeur, c'est ce qu'un peuple juge important et bien : le respect, le partage, l'obéissance, la reconnaissance. Les récits des origines transmettent ces valeurs, souvent en montrant ce qui arrive à ceux qui ne les respectent pas.

Exemple

Dans la Genèse, Adam et Ève désobéissent en mangeant le fruit interdit : ils sont chassés du jardin d'Éden et devront travailler dur la terre pour se nourrir (« C'est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain »). Dans le conte bini, les hommes gaspillent le ciel : ils perdent leur nourriture facile et doivent cultiver les champs. Dans le Popol Vuh, les hommes de bois oublient leurs créateurs et sont détruits. Chez Ovide, Arachné, trop orgueilleuse, est punie par Minerve.

À retenir : Ces récits enseignent des valeurs : respecter les dieux et les limites, ne pas être orgueilleux, ne pas gaspiller, se souvenir de ceux qui nous ont donné la vie. Ils expliquent aussi pourquoi les hommes doivent travailler.

Inventer à son tour un récit des origines

Pour écrire un récit des origines, on choisit une chose à expliquer (un animal, un phénomène de la nature, un objet), puis on raconte, au passé, un « autrefois » où elle n'existait pas ou était différente. Un événement (une faute, un exploit, un cadeau, une punition) fait apparaître la chose telle qu'on la connaît aujourd'hui. On termine par une phrase qui fait le lien avec le présent.

Exemple

Plan possible pour « Pourquoi le zèbre a-t-il des rayures ? » : 1) Autrefois, le zèbre était tout blanc et se moquait des autres animaux. 2) Un jour, il se couche pour dormir trop près d'un feu, et les branches brûlées laissent des traces noires sur son pelage. 3) Depuis ce jour, tous les zèbres portent des rayures noires, et ils ne se moquent plus de personne.

À retenir : Un récit des origines inventé suit trois temps : autrefois (avant), un jour (l'événement), depuis ce jour (ce qui reste aujourd'hui). On peut y glisser une valeur, comme le font les vrais mythes.

Les points clés

  • La Genèse, premier livre de la Bible, est un texte fondateur pour les juifs et les chrétiens : un Dieu unique crée le monde en six jours par sa parole, puis se repose le septième jour.
  • La Théogonie d'Hésiode (grec, vers 700 avant J.-C.) raconte la naissance des dieux : d'abord le Chaos, puis Gaïa (la Terre), Ouranos (le Ciel), Cronos, et enfin Zeus, roi des dieux.
  • Les Métamorphoses d'Ovide (romain, vers l'an 8 après J.-C.) commencent par la mise en ordre du chaos et racontent des transformations qui expliquent l'origine de choses (Arachné changée en araignée).
  • Un récit étiologique explique la cause d'une chose : le Popol Vuh des Mayas explique l'origine des singes et raconte des hommes faits de maïs ; un conte bini du Nigeria explique pourquoi le ciel est loin.
  • Comparer ces récits : on cherche qui crée, comment, avec quelle matière, et ce qu'il y avait au début.
  • Les récits des origines utilisent des symboles et des métaphores (la lumière, la Terre-mère, le maïs) et transmettent des valeurs (respect, partage, refus de l'orgueil et du gaspillage).

L'essentiel

Les récits des origines (la Genèse, la Théogonie, les Métamorphoses, et des mythes et contes étiologiques venus du monde entier comme le Popol Vuh ou le conte bini du ciel) racontent la naissance du monde, des dieux, des hommes et de certaines choses. En les comparant, on découvre les questions que tous les peuples se sont posées, les images qu'ils ont utilisées et les valeurs qu'ils voulaient transmettre.

Exercices d'entraînement

Entraîne-toi sur ces exercices, puis fais-toi corriger pas à pas par le tuteur.

Exercice 1

Lis ces deux textes. Texte A (Genèse, chapitre 1, traduction de Louis Segond, 1910) : « Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. La terre était informe et vide : il y avait des ténèbres à la surface de l'abîme, et l'esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux. Dieu dit : Que la lumière soit ! Et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne ; et Dieu sépara la lumière d'avec les ténèbres. » Texte B (résumé du Popol Vuh, livre des Mayas K'iche') : Au début, il n'y a que le ciel et la mer, immobiles et silencieux. Les dieux créateurs parlent entre eux, et la terre et les montagnes apparaissent. Ils veulent des êtres qui les honorent. Ils fabriquent d'abord des hommes de boue, mais ceux-ci fondent sous l'eau. Ils fabriquent ensuite des hommes de bois, mais ces hommes n'ont ni âme ni intelligence et ne se souviennent pas de leurs créateurs : un déluge les détruit, et ceux qui s'échappent deviennent des singes. Enfin, les dieux façonnent les hommes avec une pâte de maïs, et ceux-ci les remercient. 1) Qu'y a-t-il au tout début dans chacun des deux textes ? 2) Combien de dieux créent le monde dans le texte A ? et dans le texte B ? 3) Relève un point commun dans la manière de créer. 4) Relève une différence importante entre les deux récits. 5) Quelle chose d'aujourd'hui le texte B explique-t-il ? Comment appelle-t-on un récit qui explique l'origine d'une chose ?

Corrige cet exercice avec le tuteur →

Exercice 2

Lis ce résumé d'un conte du peuple bini, au Nigeria (Afrique). Autrefois, le ciel était si proche de la terre que les hommes pouvaient le toucher. Quand ils avaient faim, ils en arrachaient un morceau et le mangeaient : il avait bon goût. Mais les hommes en prenaient plus qu'il ne leur fallait et jetaient les restes. Le ciel se fâcha et les avertit : s'ils continuaient à gaspiller, il s'en irait. Pendant un temps, les hommes firent attention. Puis, un jour, une femme gourmande arracha un morceau énorme ; elle ne put le finir et cacha les restes. Alors le ciel monta très haut, là où il est aujourd'hui. Depuis, les hommes doivent cultiver les champs et chasser pour se nourrir. 1) Quelles sont les deux choses que ce conte explique ? 2) Que symbolise le ciel qu'on peut manger ? 3) Quelle valeur le conte veut-il transmettre ? 4) Dans la Genèse, après avoir désobéi, Adam et Ève sont chassés du jardin d'Éden et doivent travailler dur la terre pour se nourrir. Quel point commun vois-tu avec le conte bini ?

Corrige cet exercice avec le tuteur →

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