Quels sont les caractéristiques contemporaines et les facteurs de la mobilité sociale ? en Terminale
Cours complet, points clés à retenir et exercices d'entraînement de quels sont les caractéristiques contemporaines et les facteurs de la mobilité sociale ? pour les élèves de Terminale. Conforme au programme officiel.
Réviser notion par notion
- La mobilité sociale intergénérationnelle et les autres formes de mobilité
- Les tables de mobilité : construction, intérêts et limites
- Mobilité observée, mobilité structurelle et fluidité sociale
- Mobilité ascendante, reproduction sociale et déclassement
- La mobilité des femmes et des hommes
- Les facteurs de la mobilité sociale
Ce que tu vas réviser
- Mobilité sociale intergénérationnelle et autres formes de mobilité
- Tables de mobilité : construction, intérêts et limites
- Mobilité observée, mobilité structurelle et fluidité sociale
- Mobilité ascendante, reproduction sociale, déclassement
- Mobilité des hommes et des femmes
- Facteurs : structure socioprofessionnelle, formation, ressources familiales
La mobilité sociale intergénérationnelle et les autres formes de mobilité
La mobilité sociale intergénérationnelle est le changement de position sociale d'un individu par rapport à celle de ses parents. On la distingue d'autres formes de mobilité : la mobilité intragénérationnelle (changement de position au cours de sa propre vie), la mobilité professionnelle (changement d'emploi, de métier ou d'employeur) et la mobilité géographique (changement de lieu de vie).
Exemple
Une fille d'agriculteurs qui devient ingénieure connaît une mobilité intergénérationnelle. Un employé qui devient cadre au cours de sa carrière connaît une mobilité intragénérationnelle. Déménager de Lille à Bordeaux pour un emploi est une mobilité géographique.
À retenir : Intergénérationnelle : on compare avec les parents. Intragénérationnelle : on compare avec sa propre situation passée.
Les tables de mobilité : construction, intérêts et limites
Une table de mobilité croise l'origine sociale (la catégorie socioprofessionnelle d'un parent) et la position sociale actuelle des enfants devenus adultes. Une table de destinée se lit à partir de l'origine : « sur 100 enfants de cadres, combien sont devenus cadres ? ». Une table de recrutement se lit à partir de la position actuelle : « sur 100 cadres, combien sont enfants de cadres ? ». Intérêt : mesurer l'ampleur et la direction de la mobilité. Limites : les catégories regroupent des situations très différentes, leur contenu et leur prestige changent d'une génération à l'autre, et on a longtemps comparé seulement les pères et les fils.
Exemple
Deux cadres classés dans la même catégorie peuvent avoir des revenus et des conditions de travail très différents ; la table les compte pourtant de la même façon.
À retenir : Table de destinée : « que deviennent les enfants de... ? ». Table de recrutement : « d'où viennent les... ? ». Outil précieux mais simplificateur.
Mobilité observée, mobilité structurelle et fluidité sociale
La mobilité observée est l'ensemble des changements de position mesurés dans une table de mobilité. Une partie est structurelle : elle s'explique par la transformation des emplois entre deux générations (moins d'agriculteurs et d'ouvriers, davantage de cadres et de professions intermédiaires), qui oblige une partie des enfants à occuper une autre position que leurs parents. La fluidité sociale est une autre mesure : elle compare les chances relatives d'accéder à une position selon l'origine sociale, indépendamment des changements de structure. Une société est fluide si l'origine sociale pèse peu sur la position obtenue.
Exemple
Même si beaucoup d'emplois de cadres ont été créés, si les enfants de cadres ont toujours beaucoup plus de chances que les enfants d'ouvriers de devenir cadres, la fluidité sociale reste faible.
À retenir : Une mobilité observée élevée ne signifie pas une société fluide : la fluidité mesure l'égalité des chances, pas la quantité de mouvements.
Mobilité ascendante, reproduction sociale et déclassement
La mobilité ascendante consiste à occuper une position sociale plus élevée que celle de ses parents. La reproduction sociale (ou immobilité sociale) désigne le fait d'occuper la même position que ses parents. Le déclassement, ou mobilité descendante, consiste à occuper une position plus basse que celle de ses parents.
Exemple
Un fils d'ouvrier devenu professeur connaît une mobilité ascendante ; une fille de cadres devenue cadre illustre la reproduction sociale ; un fils de cadre devenu employé connaît un déclassement.
À retenir : Ascendante (on monte), reproduction (on reste), déclassement (on descend) : toujours par rapport à la position des parents.
La mobilité des femmes et des hommes
Les résultats dépendent de la personne à qui l'on compare. Comparées à leurs mères, les femmes connaissent souvent une mobilité ascendante, car l'emploi féminin s'est beaucoup développé et qualifié. Comparées à leurs pères, elles connaissent plus souvent que les hommes une mobilité descendante, notamment parce qu'elles sont très présentes parmi les employés et moins présentes parmi les cadres dirigeants.
Exemple
Une fille dont le père est cadre et la mère employée non qualifiée, et qui devient infirmière (profession intermédiaire), connaît une mobilité descendante par rapport à son père, mais une mobilité ascendante par rapport à sa mère.
À retenir : Pour étudier la mobilité des femmes, il faut comparer aussi avec la mère : sinon, on sous-estime leur mobilité ascendante.
Les facteurs de la mobilité sociale
Trois grands facteurs agissent. L'évolution de la structure socioprofessionnelle crée ou supprime des places (hausse des cadres, baisse des agriculteurs et des ouvriers). La formation : le diplôme joue un rôle croissant dans l'accès aux positions, mais l'allongement des études ne garantit pas à lui seul une position plus élevée que celle des parents, car les diplômes se sont multipliés. Les ressources et configurations familiales : capital économique (argent, patrimoine), culturel (diplômes, pratiques culturelles, connaissance de l'école) et social (réseau de relations), ainsi que les aspirations de la famille et le nombre d'enfants.
Exemple
Des parents qui connaissent bien les filières sélectives peuvent mieux guider l'orientation de leur enfant ; des relations professionnelles peuvent faciliter l'accès à un stage recherché.
À retenir : Structure des emplois, formation et ressources familiales se combinent pour expliquer la mobilité ou la reproduction sociale.
Les points clés
- Mobilité intergénérationnelle : position de l'enfant comparée à celle de ses parents ; intragénérationnelle : au cours de sa propre vie.
- Table de destinée (que deviennent les enfants de...) et table de recrutement (d'où viennent les...).
- La mobilité structurelle vient de la transformation des emplois entre générations.
- La fluidité sociale mesure l'égalité des chances relatives d'accès aux positions, indépendamment de la structure.
- Mobilité ascendante, reproduction sociale, déclassement : on monte, on reste, on descend.
- La mobilité des femmes paraît différente selon qu'on les compare à leur mère ou à leur père.
- Facteurs : structure socioprofessionnelle, formation, ressources familiales (capital économique, culturel, social).
L'essentiel
La mobilité sociale existe, en partie grâce à la transformation des emplois, mais l'origine sociale continue de peser fortement sur la position atteinte : une forte mobilité observée ne suffit pas à faire une société fluide.
Exercices d'entraînement
Entraîne-toi sur ces exercices, puis fais-toi corriger pas à pas par le tuteur.
Exercice 1
Table de destinée fictive (en %) : Enfants de cadres : 50 % cadres, 30 % professions intermédiaires, 20 % employés ou ouvriers. Enfants d'ouvriers : 10 % cadres, 25 % professions intermédiaires, 65 % employés ou ouvriers. 1) Rédige une phrase donnant le sens du chiffre 50 %. 2) Combien de fois plus les enfants de cadres ont-ils de chances d'être cadres que les enfants d'ouvriers ? 3) Que peut-on en conclure sur la fluidité sociale ?
Corrige cet exercice avec le tuteur →Exercice 2
Explique comment la structure socioprofessionnelle, la formation et les ressources familiales peuvent influencer le parcours d'un enfant d'ouvrier.
Corrige cet exercice avec le tuteur →