Quelle action publique pour l'environnement ? en Terminale
Cours complet, points clés à retenir et exercices d'entraînement de quelle action publique pour l'environnement ? pour les élèves de Terminale. Conforme au programme officiel.
Réviser notion par notion
Ce que tu vas réviser
- Externalités négatives et défaillances de marché
- Instruments de la politique climatique : taxe carbone, marché de quotas
- Réglementation environnementale et normes
- Acteurs de l'action environnementale : État, ONG, entreprises
- Biens communs et tragédie des communs (Ostrom)
Externalités négatives et défaillances de marché
Une externalité négative est un coût non payé par celui qui le provoque, mais supporté par la société. Cela crée une défaillance de marché car le prix du produit ne reflète pas son vrai coût environnemental.
Exemple
Une usine textile rejette ses eaux polluées dans une rivière. Elle ne paie pas pour cette pollution, mais les pêcheurs en aval perdent leurs revenus. Le marché n'a pas intégré ce coût.
À retenir : Le pollueur ne paie pas, donc le marché sous-estime le vrai coût environnemental des produits.
Taxe carbone et instruments économiques
La taxe carbone est un impôt sur les émissions de CO2 qui augmente le prix des produits polluants. Elle force les pollueurs à payer pour leur pollution et incite à réduire les émissions.
Exemple
En France, le carburant est taxé selon sa teneur en carbone. Plus le carburant pollue, plus il coûte cher. Cela pousse les automobilistes à consommer moins ou à acheter des voitures électriques.
À retenir : La taxe carbone internalise l'externalité négative en faisant payer le pollueur.
Marché de quotas d'émission
L'État fixe une limite totale d'émissions polluantes et distribue des quotas (droits à polluer) aux entreprises. Elles peuvent vendre ou acheter des quotas entre elles. Celui qui pollue moins peut vendre ses quotas inutilisés.
Exemple
L'Union européenne a créé un marché de quotas CO2 pour les industries. Une usine qui réduit ses émissions peut vendre ses quotas à une autre qui en a besoin. Cela crée un prix du carbone.
À retenir : Le marché de quotas fixe une limite d'émissions totales et laisse le marché trouver le prix optimal.
Réglementation environnementale et normes
L'État impose des règles obligatoires : interdictions, normes de pollution, standards technologiques. Les entreprises doivent respecter ces normes, sinon elles sont pénalisées.
Exemple
L'Union européenne interdit les voitures trop polluantes (norme Euro 6). Les constructeurs automobiles doivent respecter cette limite d'émissions de NOx, sinon ils paient des amendes.
À retenir : La réglementation impose des limites obligatoires sans passer par le marché.
Acteurs de l'action environnementale
Plusieurs acteurs agissent pour l'environnement : l'État (lois, taxes), les ONG (sensibilisation, pression), les entreprises (innovation, réduction volontaire), et les citoyens (consommation responsable).
Exemple
Pour lutter contre le changement climatique : l'État fixe des normes CO2, Greenpeace dénonce les pollueurs, Tesla innove en voitures électriques, les consommateurs achètent moins de viande.
À retenir : L'action environnementale nécessite une coordination entre État, ONG, entreprises et citoyens.
Biens communs et tragédie des communs
Un bien commun est accessible à tous mais sa quantité est limitée (forêt, océan, atmosphère). La tragédie des communs survient quand chacun surexploite le bien pour son intérêt personnel, détruisant la ressource pour tous.
Exemple
Les pêcheurs d'un village partagent le même océan. Si chacun pêche au maximum pour gagner plus, le stock de poisson s'épuise et personne ne peut plus pêcher. Tout le monde perd.
À retenir : Sans règles, les biens communs sont surexploités car chacun externalise ses coûts sur les autres.
Solutions d'Ostrom aux biens communs
Elinor Ostrom a montré que les communautés peuvent gérer durablement les biens communs sans État ni marché, en créant des règles collectives, du contrôle et des sanctions.
Exemple
En Suisse, les paysans gèrent ensemble les alpages depuis des siècles. Ils fixent le nombre de vaches par famille, contrôlent le respect des règles et punissent les tricheurs. La ressource se maintient.
À retenir : Les biens communs peuvent être gérés efficacement par la communauté elle-même avec des règles claires.
Les points clés
- Les externalités négatives créent des défaillances de marché : le prix n'intègre pas le coût environnemental
- La taxe carbone et le marché de quotas sont des instruments économiques pour internaliser les externalités
- La réglementation impose des normes obligatoires sans passer par le marché
- L'action environnementale efficace nécessite une coordination entre État, ONG, entreprises et citoyens
- Les biens communs risquent la surexploitation sans règles collectives (tragédie des communs)
- Ostrom a montré que les communautés peuvent gérer durablement les biens communs par l'auto-organisation
L'essentiel
Pour protéger l'environnement, il faut faire payer les pollueurs (internaliser les externalités) par la taxe, les quotas ou la réglementation, tout en coordonnant l'action entre État, entreprises, ONG et citoyens.
Exercices d'entraînement
Entraîne-toi sur ces exercices, puis fais-toi corriger pas à pas par le tuteur.
Exercice 1
Une centrale thermique au charbon produit de l'électricité. Elle rejette du CO2 dans l'atmosphère sans payer pour cette pollution. Expliquez pourquoi c'est une défaillance de marché et proposez deux solutions pour corriger ce problème.
Corrige cet exercice avec le tuteur →Exercice 2
Trois pêcheurs partagent le même lac. Chacun peut pêcher 100 kg par an sans épuiser le stock. Mais si chacun pêche 150 kg, le stock s'épuise et personne ne peut pêcher l'année suivante. Montrez comment c'est une tragédie des communs et proposez une solution inspirée par Ostrom.
Corrige cet exercice avec le tuteur →