Faire la guerre, faire la paix en Terminale
Cours complet, points clés à retenir et exercices d'entraînement de faire la guerre, faire la paix pour les élèves de Terminale. Conforme au programme officiel.
Réviser notion par notion
Ce que tu vas réviser
- Formes contemporaines de conflits (guerre hybride, terrorisme)
- Le rôle de l'ONU dans le maintien de la paix
- Justice internationale (CPI, TPI)
- Processus de paix et négociations
- Mémoire des conflits et réconciliation
Formes contemporaines de conflits
Pour le penseur prussien Clausewitz (début du XIXe siècle), la guerre est « la continuation de la politique par d'autres moyens » : un affrontement entre les armées d'États. Les conflits actuels ne se limitent plus à ce modèle. Ils incluent la guerre hybride (mélange d'actions militaires, cyber et informationnelles) et le terrorisme (violence contre des civils pour créer la peur et imposer une idéologie), mené par des acteurs non étatiques et transnationaux, d'Al-Qaïda à Daech (« guerres irrégulières »).
Exemple
L'annexion de la Crimée par la Russie en 2014 (soldats sans insignes, cyberattaques, désinformation) est un exemple de guerre hybride ; depuis l'invasion de 2022, la guerre en Ukraine est aussi un conflit interétatique de haute intensité. Les attentats de Daech mélangent actions terroristes et propagande sur Internet.
À retenir : La guerre hybride et le terrorisme brouillent les frontières entre combattants et civils, entre temps de paix et temps de guerre.
Rôle de l'ONU dans la paix
L'Organisation des Nations Unies, créée en 1945, intervient pour maintenir la paix mondiale. Elle envoie des casques bleus (soldats de différents pays) pour surveiller les cessez-le-feu, séparer les belligérants et protéger les civils.
Exemple
La FINUL, force de l'ONU déployée au Sud-Liban depuis 1978 et à laquelle participent des soldats français, surveille la frontière avec Israël ; en 2025, le Conseil de sécurité a prolongé son mandat une dernière fois, jusqu'au 31 décembre 2026. L'ONU a aussi imposé des sanctions contre la Corée du Nord pour son programme nucléaire. Sous Kofi Annan (secrétaire général de 1997 à 2006), elle a multiplié les opérations de paix et fait adopter en 2005 le principe de « responsabilité de protéger » les populations.
À retenir : L'ONU dispose du Conseil de sécurité pour autoriser des interventions militaires et de casques bleus pour maintenir la paix sur le terrain.
Justice internationale et responsabilité
La Cour pénale internationale (CPI) et les tribunaux pénaux internationaux (TPI) jugent les crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocides. Ils permettent de poursuivre les responsables et d'établir la vérité sur les atrocités.
Exemple
La CPI a émis en 2009 et 2010 des mandats d'arrêt contre le président soudanais Omar el-Béchir, notamment pour génocide au Darfour. Le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) a jugé Slobodan Milosevic, ancien président serbe puis yougoslave, pour crimes contre l'humanité, crimes de guerre et génocide ; il est mort en 2006 avant la fin de son procès.
À retenir : La justice internationale vise à punir les responsables de crimes graves et à empêcher l'impunité des auteurs d'atrocités.
Processus de paix et négociations
Pour terminer un conflit, les belligérants doivent négocier un accord de paix. Ce processus implique des pourparlers, des compromis, souvent avec l'aide de médiateurs neutres (ONU, pays tiers) et aboutit à un traité de paix.
Exemple
Les traités de Westphalie (1648) ont mis fin à la guerre de Trente Ans en fondant un équilibre entre États souverains. Les accords de Dayton, négociés en trois semaines aux États-Unis puis signés à Paris en décembre 1995, ont mis fin à la guerre de Bosnie (1992-1995). Les accords d'Abraham (2020) ont normalisé les relations entre Israël et plusieurs pays arabes (Émirats arabes unis, Bahreïn, Maroc).
À retenir : Les négociations de paix exigent des compromis des deux côtés et l'intervention de médiateurs pour aboutir à un accord durable.
Mémoire des conflits et réconciliation
Après un conflit, les sociétés doivent se souvenir des victimes et des traumatismes, tout en construisant une paix durable. La réconciliation passe par la reconnaissance des souffrances, les excuses publiques et parfois l'amnistie pour avancer ensemble.
Exemple
En Afrique du Sud, la Commission Vérité et Réconciliation (créée en 1995, audiences de 1996 à 1998) a permis aux victimes de l'apartheid de témoigner et aux auteurs de violences politiques d'obtenir l'amnistie en échange d'aveux complets. Au Rwanda, les mémoriaux du génocide des Tutsi gardent la mémoire des victimes.
À retenir : La mémoire et la réconciliation sont essentielles pour cicatriser les blessures d'un conflit et construire une paix durable.
Les points clés
- Les conflits contemporains mélangent actions militaires, cyber-attaques et désinformation (guerre hybride)
- L'ONU maintient la paix par le Conseil de sécurité et les casques bleus sur le terrain
- La CPI et les TPI jugent les crimes de guerre pour établir la responsabilité et empêcher l'impunité
- Les négociations de paix nécessitent des compromis et des médiateurs neutres
- La mémoire collective et la réconciliation sont indispensables pour dépasser les traumatismes de guerre
L'essentiel
Faire la paix aujourd'hui exige de combiner justice internationale, négociations politiques, maintien de la paix par l'ONU et réconciliation des sociétés.
Exercices d'entraînement
Entraîne-toi sur ces exercices, puis fais-toi corriger pas à pas par le tuteur.
Exercice 1
Expliquez en quoi la guerre en Ukraine mêle guerre hybride et guerre interétatique, puis montrez les limites de l'ONU face à ce conflit.
Corrige cet exercice avec le tuteur →Exercice 2
Comparez le rôle de la CPI et celui de la Commission Vérité et Réconciliation sud-africaine dans le traitement des crimes de masse.
Corrige cet exercice avec le tuteur →