Le temps en Terminale
Cours complet, points clés à retenir et exercices d'entraînement de le temps pour les élèves de Terminale. Conforme au programme officiel.
Réviser notion par notion
Ce que tu vas réviser
- Le temps (notion du programme)
- Perspective : l’existence humaine et la culture
- Repère : origine / fondement
- Repère : en acte / en puissance
- Repère : contingent / nécessaire
Le temps : écoulement et expérience
Le temps est cette réalité que tu expérimentes chaque jour : ce qui passe, ce qui change, ce qui ne revient pas. C'est à la fois une mesure objective (les secondes qui s'écoulent) et une expérience subjective (le temps qui semble long ou court selon ce que tu vis).
Exemple
Un cours ennuyeux semble durer une heure alors qu'il n'en dure que 45 minutes. Un match de foot palpitant passe en un clin d'œil. C'est le même temps chronologique, mais ton expérience du temps diffère.
À retenir : Le temps n'est pas qu'une mesure : c'est aussi notre façon d'expérimenter l'existence.
L'existence humaine face au temps
Contrairement aux objets, tu es un être qui vis le temps de manière unique : tu te souviens du passé, tu agis au présent, tu anticipes l'avenir. Le temps structure ta vie entière et ta conscience.
Exemple
Tu révises ton bac en pensant à l'examen de juin (avenir), tu te souviens de tes erreurs en maths l'an dernier (passé), et tu étudies maintenant (présent). Aucun objet ne fait cela.
À retenir : L'être humain est le seul vivant qui habite le temps à trois niveaux : passé, présent, futur.
Origine et fondement du temps
Le repère origine / fondement distingue deux questions. L'origine est le commencement dans le temps : c'est une question de fait (le temps a-t-il commencé à un moment donné ?). Le fondement est ce qui justifie une chose, ce qui en rend raison en droit : sur quoi repose le temps ? Existe-t-il en lui-même, ou dépend-il du mouvement des choses, ou de la conscience qui le vit ?
Exemple
Question d'origine : selon le modèle du Big Bang, l'Univers tel que nous le connaissons évolue depuis environ 13,8 milliards d'années ; savoir si le temps lui-même « commence » alors reste une question ouverte. Question de fondement : Aristote définit le temps comme le « nombre du mouvement » (il repose sur le changement des choses), tandis que saint Augustin le fait reposer sur l'esprit, qui se souvient du passé, est attentif au présent et attend l'avenir.
À retenir : L'origine répond à la question « depuis quand ? » (un fait) ; le fondement répond à la question « sur quoi cela repose-t-il ? » (une justification). Savoir quand le temps a commencé ne dit pas encore sur quoi il repose.
En acte et en puissance : le temps qui se réalise
En puissance : la capacité qu'a un être de devenir autre chose, ce qu'il peut devenir mais n'est pas encore. En acte : ce qu'il est effectivement, maintenant. Le temps est le cadre dans lequel ce qui est en puissance se réalise en acte.
Exemple
Chez Aristote, le gland est un chêne en puissance : il a la capacité de le devenir. De même, tu es bachelier en puissance ; le jour où tu obtiens le bac, tu l'es en acte.
À retenir : Le passage de la puissance à l'acte est un mouvement, qui se déroule dans le temps ; le temps en est la mesure, il n'en est pas la cause.
Contingent et nécessaire dans le temps
Contingent : ce qui pourrait ne pas être, ce qui n'était pas nécessaire. Nécessaire : ce qui ne peut pas ne pas être, ce qui doit être. Le temps semble nous montrer que ce qui arrive aurait pu ne pas arriver ; certains philosophes, comme Spinoza, soutiennent au contraire que tout ce qui arrive est nécessaire.
Exemple
Il n'était pas nécessaire que tu sois né : tes parents auraient pu ne jamais se rencontrer. Ta naissance est donc contingente. Mais maintenant qu'elle a eu lieu, elle est irrévocable : personne ne peut faire qu'elle n'ait pas eu lieu. Le passé ne devient pas nécessaire au sens strict (il aurait pu être autre), mais il ne peut plus être changé.
À retenir : On peut soutenir que ce qui arrive est contingent (cela aurait pu ne pas être) ; d'autres philosophes, comme Spinoza, le contestent. Une fois passé, l'événement ne peut plus être changé : il devient irrévocable, ce qu'on appelle parfois une nécessité conditionnelle.
Les points clés
- Le temps n'est pas qu'une mesure objective : c'est aussi une expérience subjective de durée.
- L'être humain existe dans le temps de trois manières : mémoire (passé), conscience (présent), projet (avenir).
- Le passage de la puissance à l'acte est un mouvement qui se déroule dans le temps : le temps en est la mesure (« le nombre du mouvement » selon Aristote), il n'en est pas la cause.
- On peut soutenir que ce qui arrive est contingent (Spinoza le conteste) ; une fois passé, il devient irrévocable (on ne peut plus le changer), sans devenir nécessaire au sens strict.
- Origine (commencement, question de fait) et fondement (ce qui justifie, question de droit) sont deux questions distinctes : le temps a peut-être commencé avec le Big Bang, mais repose-t-il sur le mouvement ou sur la conscience ?
L'essentiel
Le temps n'est pas un simple cadre où les choses arrivent : c'est ce qui constitue l'existence humaine elle-même, celle dans laquelle le possible se réalise et le passé devient définitif.
Exercices d'entraînement
Entraîne-toi sur ces exercices, puis fais-toi corriger pas à pas par le tuteur.
Exercice 1
Pourquoi peut-on dire que le temps est à la fois objectif et subjectif ? Illustre avec un exemple personnel.
Corrige cet exercice avec le tuteur →Exercice 2
Explique pourquoi ce qui est contingent devient irrévocable une fois passé. Qu'est-ce que cela change dans notre façon de voir l'avenir ?
Corrige cet exercice avec le tuteur →